Nous vivons dans une gigantesque toile n’ayant ni queue ni tête. Un chaos rangé en compartiments d’individualités. Bien brossées. L’ego
protéiforme rayonne. Rimbaud écrivait en vers « Changer le monde ». Seulement, « Je » ne s’associe qu’à sa volonté, qu’à son bon vouloir. – (Confidence : en vrai, c’est un Roi soleil, un animal
politique très dangereux.) – Oui, l’envers est tout autre. Rimbaud mort, l’idée, a fait son chemin, torsadée dans une nouvelle symbolique. Google s’en est targué. L’hyperlien est venu au monde.
Et la terre est devenue bleu comme Facebook. L’humanisme a vendu son humanité aux machines, comme Ésaü son droit d’ainesse à Jacob. Pourquoi ? Exit les lettres. La lettre tue... Le prétexte a
voulu pour concept le lien entre les « je ». Mais l’on se dira « je. Qui ça ? » Bien est le lien. Le lien est le fil distendu de cette amitié emphatique, tellement commode. Perversion. L’amour a
mal tourné ! La main a été atrophiée dans le moi ambiant pour un clic, un code htlm. Les slogans légions affirment Créons du lien ! Foutaise moderne ? Foutaise technologique ? Sœur Emmanuelle se
retourne dans sa tombe. Effarée, elle scanderait : Aimez vous les uns les autres, pardi ! Nous sommes nos cœurs, pas nos machines. De là part la nécessite de l’unité : nous. Je n’existe qu’avec
Tu. Le lien ne remplacera pas l’amour. Voilà la réalité.
http://www.youtube.com/watch?v=vr3x_RRJdd4&hl=fr
Mandy